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Introduction à la kabbale
et ses liens avec
la physique quantique


Texte présenté à l'ARAC (Atelier de Recherches en Anthropologie Clinique), lors d'un séminaire d'anthropologie clinique à Louvain-La-Neuve


Cette recherche sur la kabbale et la physique quantique a été proposée dans le cadre d'une documentation préalable pour la rédaction du roman à paraître qui s'intitulera « Amour et Kabbale » (parution prévu pour février/mars 2019) et qui traitera de ces sujets.


Le peuple juif est issu de deux grandes traditions : les sépharades et les ashkénazes.

Sépharades : vient du mot hébreu Sépharad qui veut dire Espagne. Juifs arrivés en Espagne sous la domination musulmane. Expulsés à la fin du XVème (1492), ils s'établirent tout autour de la Méditerranée jusqu'en Hollande, en Angleterre et dans les colonies.

Les ashkénazes sont des descendants des juifs venus de Babylonie et de Palestine jusqu'aux Balkans et en Europe Centrale et orientale. Depuis la fin du Moyen Age, ils parlent l'allemand ou le Yiddish. En hébreu, ashkénazes signifie Allemagne. Culture homogène dominée par Rashi, le plus célèbre commentateur de la Bible et du Talmud avec Rabbi Jehuda le Pieux. Il a démocratisé la Tora, la rendant accessible à tous. Apogée en Europe orientale avec l'extension du mouvement hassidique (Baal Shen Tov). Ils constituent la majorité du peuple juif.

C'est aux juifs Sépharades de la péninsule ibérique que l'on doit l'âge d'or de l'histoire juive, marquée par un esprit universaliste et de grandes réussites scientifiques. Leurs œuvres sont la synthèse de la tradition juive et de la civilisation arabe. Ils adoptent les genres littéraires arabes, leurs méthodes scientifiques, leurs catégories philosophiques et leurs principes théologiques.
Nourris de modèles étrangers, les auteurs juifs, sous l'effet de cette émulation, avaient tendance dans leurs écrits et dans leurs pensées à mettre l'accent sur les points communs entre les doctrines de leur foi et les théories des grands penseurs non-juifs.

Le juif de la diaspora et de l'exil s'attache à l'espérance de la terre promise et au rêve de celle-ci. Il s'en remet à la loi de l'objet perdu : si l'on perd ou qu'on nous vole un objet, il reste notre propriété inaliénable, tant que nous n'avons pas désespéré de le retrouver. Les juifs concluent la fête de Pessah par « l'an prochain à Jérusalem ». Malgré 2000 ans d'exil, la foi à maintenu dans la mémoire des juifs le lien avec la terre promise. Comme quelqu'un qui refuse d'admettre que son objet disparu est définitivement perdu. Si les juifs avaient renoncé à croire en cette promesse, le titre de propriété aurait été rompu.

Veut dire « réception », recevoir et construire, accueillir. Désigne les mystères de la tradition mystique juive.
Philosophie théorique et pratique proche de la méditation. Chemin d'élévation spirituel. C'est le fait de recevoir ou d'atteindre la lumière de l'infini et l'ensemble des techniques et des méthodes qui permettent cette réception de la sagesse d'en haut.
Ensemble des pratiques, prières, rites, méditations qui permettent à l'homme de s'élever spirituellement.

Commentaires des textes bibliques. Techniques de lecture et de déchiffrage des textes pour en dévoiler et en communiquer les secrets.


Trois constantes spirituelles de la vie juive :

  1. Adhésion à la Tora dans ses conséquences légales et éthiques

  2. Études Talmudique et piétisme + mise en pratique

  3. Voie de la kabbale

Ce n'est pas l'étude qui est l'essentiel mais la pratique. Il faut vivre la kabbale pour être kabbaliste. Il faut dépasser le niveau d'explication des mystères pour vivre les mystères : celui de la Création, celui de la Révélation, celui du monde qui vient.
Le kabbaliste expérimente avec Dieu les instants éternels de l'histoire. Il revit la sortie d'Egypte et porte en lui le monde à venir.

Dans l'esprit du judaïsme, dans la Bible, les termes « connaître » et aimer sont un même mot pour définir deux actes. La connaissance suppose toujours l'expérience d'une relation presque charnelle. Vouloir connaître Dieu, c'est l'aimer. Le but du kabbaliste n'est pas de recueillir des connaissances mais de ressentir l'instant du Baiser où tout le connaître devient inutile.

Les kabbalistes sont ainsi proches des mystiques intellectuels comme Maître Eckhart, Sainte Thérèse ou St Jean de la Croix.

Le kabbaliste doit atteindre la Devékhouth : l'adhésion à Dieu, le but est de connaître Dieu, c'est là la réalisation mystique de l'étude. Rejoindre Dieu mais tout en restant dans le monde d'ici-bas.
L'union du monde d'en haut et du monde d'en-bas est tout aussi nécessaire à Dieu qu'à l'homme.

Le fondement de la Tora : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse »

Le fondement de la kabbale : « Maintenant, va et apprends ! » Il n'y a pas de vie sans étude, lecture et interprétation. S'il y a interprétation, c'est aussi qu'il y a doute. La racine en hébreu du mot « Dieu » est el, qui veut dire « peut-être ». Dieu n'est pas à infirmer ou à affirmer, il est une hypothèse car celui qui dit que Dieu existe avec certitude s'enferme dans une idéologie et qui dit que Dieu n'existe pas s'enferme dans une autre idéologie. Le « Peut-être » de Dieu permet une ouverture et déploie l'aventure du doute.

L'étude et l'interprétation des textes ne donnent pas de nouvelles définitions de Dieu, mais le font sortir des certitudes métaphysiques. Le fait d'interpréter, de passer d'un texte à un autre, d'une idée à une autre, prouve la vitalité de l'esprit et met en marche les fonctions affectives, spirituelles et intellectuelle de l'homme. L'interprétation permet de se libérer de certaines habitudes de penser. Par l'interprétation, l'homme devient un « homme infinitif », tendu dans un mouvement de transcendance vers l'infini.

Levinas « Il existe en chaque mot un oiseau qui attend le souffle du lecteur ». Déployer les signes de la pensée, c'est déployer les ailes de l'oiseau du livre.

Les premiers maitres de la kabbale, entre 200 avant JC et 200 après JC, s'intéressaient à la géographie, la botanique, la zoologie et l'astronomie. Les grandes révolutions scientifiques copernicienne et galiléenne eurent lieu à l'époque de la rédaction des grands traités de kabbale. Ceux de Rabbi Moïse Cordovéro (1522-1570), de Rabbi Isaac Louria ou de Maharal de Prague (1512-1609) dont l'élève, David Gans, fut l'assistant de Tycho Brahé. On publie aujourd'hui les manuscrits de Newton consacré à la kabbale.

Nous distinguons dans la kabbale deux approches essentielles :

L'approche herméneutique : Le commentaire mystique du texte biblique. L'apprentissage de l'écoute des textes et l'art d'en déchiffrer les mystères.

L'approche mystique : L'art de l'écoute des voix qui viennent d'ailleurs, de la grande symphonie des sphères célestes à l'humble prière des herbes du chemin ou aux rythmes des cœurs unit dans l'amour. Cette musique est aussi lumière intérieure, c'est le fait de recevoir ou d'atteindre la lumière de l'infini (ein sof) et l'ensemble des techniques et des méthodes qui permettent cette réception.

Mystique : origine étymologique veut dire mutique, « se taire », pour dire que le mystère est indicible. Le mystique est quelqu'un à qui il a été donné une expérience immédiate, et sentie comme réelle de la divinité. Une telle expérience peut lui être venue par un éclairage soudain, une illumination, ou comme l'aboutissement de longues préparations, par lesquelles il a cherché à saisir ou à obtenir un contact avec la divinité. Les mystiques semblent découvrir en eux-mêmes les sources traditionnelles.

Un chef spirituel est nécessaire car le mystique qui cherche seul son chemin peut facilement s'égarer, et même tomber dans la folie, car le chemin du mystique est bordé de dangers ; il longe les abîmes de la conscience et a besoin d'un pas mesuré et sûr. Les yogis, les soufis et les kabbalistes réclament un tel guide intellectuel, de même que les mystiques catholiques.

La kabbale est la réception de la sagesse d'en haut, écoute de l'inouï et regard de l'invisible.

La kabbale pratique insiste sur des points comme la prière, la méditation, certains rituels de respiration et de chant, la danse, sur une nouvelle façon de sentir et de percevoir. C'est aussi l'ensemble des manières d'être avec les autres et avec soi-même : apprendre la sérénité, la générosité, l'harmonie et le mieux être pour soi et parmi les hommes.

Cet épanouissement, l'homme pourra l'atteindre par l'étude de la structure de l'homme primordial ou Adam Qadmon. Sa structure est celle des dix sefirots, dix modalités fondamentales de l'humain par lesquelles celui-ci peut atteindre son équilibre et sa perfection. Chemin de lumière et de rectitude. La kabbale est un art du cœur et du savoir aimer. C'est-à-dire qu'un « savant » doit tendre aussi à être un « juste » un tsadik. Dans la kabbale, la science ne suffit pas : il faut aussi l'amour. La kabbale est le juste équilibre entre l'amour de la sagesse et la sagesse de l'amour.



Gershom Scholem est l'auteur universitaire incontournable qui a fournit la première étude complète et sérieuse des différents courants de la kabbale. « Les grands courants de la mystique juive ».

D'autres auteurs ont ciblé leurs études et approfondi certain courant : Moshé Idel est le grand spécialiste de la kabbale extatique d'Abraham Aboulafia.
Charles Mopsik consacre ses recherches au Zohar, et aux œuvres de Rabbi Moïse de Léon. Il a publié une nouvelle traduction du Zohar aux éditions Verdier ainsi que « Les grands textes de la kabbale ».

Il apparaît aujourd'hui qu'il n'y a pas différentes kabbales mais plutôt différents moments de son dévoilement que l'on peut décrire en termes de « périodes » ou de « phases ».

Charles Mopsik regroupe la kabbale sous deux grands courants : la kabbale extatique et la kabbale théosophique/théurgique.

Kabbale théosophique : théorie de la structure complexe du monde divin. Kabbale théurgique : comportements rituels ou méditatifs, ensemble d'expériences qui permettent de susciter un état d'harmonie dans la divinité ou d'influer sur son rapport envers les hommes.

Kabbale extatique : expériences méditatives qui permettent à l'homme de monter et de s'approcher, voir de se joindre à la divinité. Le mot clé de la kabbale extatique est devéqout ou montée de l'âme. Il existe différentes méthodes de méditation, dont les plus utilisées sont la manipulation des chiffres et des lettres, la prière, l'incantation, la combinatoire des lettres du nom divin, la visualisation des couleurs..

Les deux courants sont intimement liés.

Il ne saurait être question de dater les événements de l'histoire des croyances comme l'on date les règnes et les campagnes militaires. Les origines des idées religieuses et plus particulièrement celles de la kabbale demeurent obscures et leurs traces sont parfois d'interprétations complexes et discutables.

Les historiens ne s'accordent pas sur une même origine : pour Salomon Munk, la kabbale tire son origine du judaïsme alexandrin de la fin de l'Antiquité et l'influence de la pensée pythagoricienne. Pour Adolphe Franck, elle commence en Perse avec Zoroastre et pour Gershom Scholem, elle naît d'une rencontre entre gnosticisme juif ancien et le néo-platonisme médiéval. Moshé Idel repère des traces de son existence dans des écrits gnostiques et hermétiques ainsi que dans les corpus du Talmud ( 370 à 500 Talmid : « l'élève ») et du Midrach (400 à 1500) et il conclut à sa grande antiquité.
La datation d'un écrit comme celui du Sefer Yesira « Livre de la Création » soulève des polémiques enflammées entre le milieu des chercheurs. Les kabbalistes semblent avoir miné le sentier qui mène vers les premiers d'entre eux.

Les conditions concrètes de la vie intellectuelle des juifs du Moyen Age ne doivent jamais être perdues de vue. Pour nous en tenir aux juifs présents dans le monde chrétien, héritier de l'empire romain disloqué, les traits suivants retiendront notre attention :

Il n'existe pas d'université juive, pas d'institution centrale du savoir. Pas de monastère, ni de couvent. Les enseignements religieux avancés sont dispensés par des maîtres dispersés et indépendants, dans de petits cénacles.
Les juifs constituent une minorité éparpillée dans les royaumes chrétiens, chaque communauté gère ses propres affaires, sans pouvoir ecclésiastique central, sans personnel voué au service religieux.
Il n'existe pas de magistère, de credo, ou de dogmes. Chaque rabbin a autorité sur les fidèles locaux, pour lesquels il assume le rôle de juge et de conseiller. Les juifs sont plusieurs fois expulsés collectivement des contrées où ils vivent. Une partie des écrits qu'ils transportent a été perdue ou endommagée. Les documents anciens et médiévaux sont très rares.

  1. La première période  : du II ème avant JC et jusqu'au XIIème siècle est la mystique de la merkava (kabbale du char céleste) à partir du récit de la vision de la divinité et de ses puissances angéliques par le prophète Ezéchiel. Ainsi que le maassé béréchit, récit du commencement (kabbale qui s'intéresse à la structure de la Création du monde dans la Genèse). Ces courants sont appelés « mystique du Talmud ».
    - Le livre de la Création « Sefer Yetsira »

  2. La seconde période ne couvre qu'un siècle : 1200- 1300 environ et comporte trois grandes écoles.

    En France, en Provence, en Allemagne à Worms, en Espagne à Girone.

    Publication du Bahir « le livre de la clarté » et le Sefer Hassidim « le livre des hommes pieux » pour les plus connus. C'est la période des grands maîtres -tels Isaac l'aveugle, Ezra de Gérone, Azriel, Namanide et des premières œuvres de Rabbi Abraham Aboulafia et de son disciple Rabbi Yossef Gikatillia (vers 1245-1300).

  3. La troisième période

    Période proche de la précédente, mais en Espagne autour de la rédaction du Zohar « Livre de la Splendeur » entre 1280 et 1300, livre le plus remarquable de la mystique juive.

    Publié par Moïse de Léon (1250-1305) sous le nom du grand Rabbi Chimone Bar Yoyaï qui vécut au II ème siècle peu après la destruction du second temple de Jérusalem. Le Zohar contient un mélange fascinant de métaphysique, de cosmogonie mythique et de psychologie ésotérique.

    Cette période est aussi celle de l'éclosion de la kabbale extatique et prophétique de Rabbi Abraham Aboulafia.

  4. La quatrième période s'étale sur plus de deux siècles, est liée à l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492 et jusqu'à la fin du XVIIème siècle.

    De nombreux maîtres espagnols se retrouvent en Israël, mais essentiellement dans la petite ville de Safed en Galilée. Là sera fondée une école de kabbale très importante, dont les maîtres les plus illustres sont Rabbi Isaac Louria (1534-1572) et son disciple Rabbi Hayyim Vital.

    Nous consacrerons plus loin un chapitre à la triade lourianique de tsimtsoum-chevira-tiqoun, retrait, brisure, réparation.

  5. La cinquième période et celle de l'hérésie mystique de Shabbataï Tsevi (1625-1676)

    Ce mystique conduira la kabbale de Louria dans un sens messianique et s'en présenta comme le rédempteur. Il eu un réel succès et croyait dans sa vocation messianique jusqu'au moment où il fut arrêté par le grand sultan qui lui demanda de choisir entre la conversion à l'Islam et la mort. Il choisit la conversion. Malgré ce choix, ses disciples perpétuèrent le mouvement Sabbataïste en affirmant qu'on pouvait rester juif à l'intérieur même si on ne l'était plus à l'extérieur, comme les marranes qui durent se convertir de force au christianisme tout en gardant leur foi cachée.

  6. La sixième période est appelée « hassidisme » résultat de l'école de pensée fondée par le Baal Chem Tov ou « Maître du bon nom » (1700-1760). Application des grands thèmes de la kabbale au niveau existentiel. Il propose la thèse mystique de la « communion » avec Dieu (devekut) plus importante que l'étude des Ecritures et cette thèse fit naître une opposition considérable. Il propose une recherche de la lumière de l'infini pour découvrir un chemin de vie dans la joie. La particularité de l'hassidisme est la démocratisation des concepts de kabbale, grâce au vécu de ces idées autour d'un maître, le rabbi ou le tsadiq, qui devient le pilier du groupe, du monde et qui apporte réconfort, conseil et guérison. Mode de vie pour tout un peuple qui découvre les merveilles et la profondeur des secrets de la tradition cachée. Nous retiendrons aussi le nom du Rabbi Nahman de Braslav et bien d'autres. Le hassidisme est peut-être une des plus grandes révolutions sociologico-religieuses pour le peuple juif depuis l'apparition du christianisme.

  7. La septième période commence en même temps que la sixième période et se développe parallèlement, est celle de la kabbale lituanienne « mitnaguèd » c'est-à-dire « opposant » car elle rejette le hassidisme qu'elle associe à l'hérésie shabbataïste. Le fondateur de cette kabbale lituanienne et le Rabbi Gaon de Vilna « génie de Vilna » La mystique de ce courant est fondée sur l'importance de l'étude et de l'application des mitsvots (rites hébraïques) comme source des énergies cosmiques et de la rédemption du monde.

  8. La huitième période est contemporaine et liée à l'importance du travail de Gershom Scholem et de ses élèves pour diffuser et comprendre l'histoire de la kabbale.

    À l'heure actuelle, on rencontre presque tous les courants de kabbale, pratiqués par certains de manière exclusive, et par d'autres en une sorte de syncrétisme créatif qui unit la méditation, le yoga, à une étude des textes.

    Il y a aussi une volonté de plus en plus grande de contact avec les autres mystiques, notamment le bouddhisme. On observe une tendance à l'interdisciplinarité, qui tend à confronter la kabbale et ses mystères avec l'ensemble du savoir contemporain, en particulier avec les sciences qui traitent de l'origine de l'univers. Le rapport entre la science et la kabbale est sans doute aujourd'hui plus fort qu'il ne l'a jamais été, et ceci grâce aux récentes découvertes de l'astrophysique, qui offre des analogies surprenantes avec les modèles proposés par la kabbale.

Un des mots les plus importants de la kabbale est lumière : or en hébreu.

« Et Dieu dit que la lumière soit, et la lumière fut.. »

La lumière est le premier signe, premier mot de la création, premier chemin vers le divin ; La plus haute métaphore de l'infini. Pour comprendre la kabbale, il faut se rappeler sans cesse qu'elle est une pensée de la lumière, et, qu'elle est l'ensemble des comportements des pensées, et des actions, études et rituels qui permettent à l'homme de recevoir la lumière de l'infini.
Cette réception est kabbale, une « métaphysique de la lumière »

« Or » et « En sof » infini ont une même valeur numérique 207

Lumière-vibration-énergie : 3 mots clé de la kabbale pratique. Cette triade se retrouve dans les lettres de l'alphabet qui deviennent des particules de lumière permettant de réinterpréter le monde. Les livres qui contiennent cet alphabet de l'énergie fondamentale sont les livres de la kabbale.

Pour la kabbale, la réalité fondamentale n'est donc pas la matière, mais l'énergie, un ensemble de vibrations qui traversent le monde, le dynamisent et le maintiennent vivant.

La grandeur de l'homme est d'avoir la capacité de sentir ces énergies de les maîtriser, de les orienter dans tel ou tel sens. L'outil de maîtrise de l'énergie vitale réside dans nos pensées. Le kabbaliste est celui qui sait orienter les pensées dans les bonnes directions : ce qu'on appelle la « Kavana » : orienter. Chacun est ainsi responsable de lui-même, de son équilibre et de ses pensées. Pour la kabbale, nous avons la possibilité de modifier nos vibrations intérieures, physiques et psychologiques par l'intermédiaire des kavanots (pluriel de kavana)
Nous modifions les vibrations de notre corps, de notre esprit, de notre âme grâce à nos pensées. Les grands kabbalistes passés maîtres dans l'art de la Kavana sont capables d'agir non seulement sur eux-mêmes, mais aussi sur le monde.

Le chemin des énergies : Les Sephirots, les lettres et les chiffres

Le chemin de l'énergie, la source « La lumière infinie » se propage dans l'univers à travers un modèle de 10 transformateurs d'énergie que la kabbale appelle les sephirots. (voir tableau) Les sefirots définissent les canaux à travers lesquels l'impulsion émanant de l'essence divine la plus cachée et la plus transcendante prend forme et est transmise au genre humain. Les sephirots définissent le chemin de l'ascension mystique vers Dieu. Ils constituent une sorte d'échelle menant de la terre au ciel, ce sont les étapes à travers lesquelles nous devons passer pour développer notre potentiel spirituel.

Arbre de vie

Le kabbaliste est un homme en chemin

Bon nombre de textes de la kabbale, du Talmud, du Midrash sont introduits par l'idée du cheminement. Par ex : « Rabbi Hiya était en chemin » « Rabbi Chimane et Rabbi Eleazar son fils faisaient route »… La kabbale et la pensée hébraïque recèle une pensée voyageuse. Ce n'est pas le passage d'un lieu à un autre, c'est le passage de la pensée même. Le chemin met en mouvement, il invite et inquiète, incite et sollicite. Le kabbaliste n'est pas un savant mais un chercheur. Il doit toujours se poser des questions. Un texte est toujours indéfini, ouvert à des interprétations toujours nouvelles. L'interprétation, c'est la patience du sens. Il faut savoir renoncer à la rage de vouloir conclure. Vouloir tout de suite, c'est vouloir un être figé, un Dieu pétrifié, un veau d'or.

« J'interroge, donc je suis ! » voilà un des fondements de la pensée kabbaliste. L'homme n'est pas, mais devient. Etre infinitif, ouvert sur le futur et sur la possibilité incessante de se remettre en question.

Lorsque Jacob trépasse, la Tora dit : « Jacob a vécu ». En hébreu, qui a vécu peut se lire « et il vivra ». L'hébreu a une caractéristique qui n'existe dans aucune autre langue : il suffit d'ajouter un préfixe pour changer le passé en futur et le futur en passé. Il parlera se di yédaber et il a parlé, vay daber. C'est comme si le présent n'existait pas dans cette langue, car l'instant présent est relatif et fluctuant.

La voie de l'initiation :

Le maassé beréchit : « l'œuvre du commencement » et le maassé merkava « l'œuvre du Char »

Des groupes ou des cercles d'initié se réunissent pour l'interprétation mystique de deux chapitres important de la Bible : le premier chapitre de la Genèse qui développe l'histoire de la création du monde et le premier chapitre d'Ezéchiel qui décrit la vision du Char dans lequel Dieu est installé.

Le maassé beréchit, œuvre du commencement, s'intéresse essentiellement à la structure du cosmos et à notre connexion à lui. Les questions essentielles sont : « comment le monde a-t-il été créé ? » « Qu'y avait-il avant ? » « Qu'est-ce que le temps, l'espace ? » « Comment les forces d'en-haut agissent-elles sur les mondes d'en bas ? »

Le texte le plus important de cette mystique du maassé beréchit est le Sefer Yetsira « Livre de la Création », le plus ancien texte hébreu métaphysique qui eu une énorme influence (1er ou 2ème siècle). Texte très court que l'on attribue à Abraham, le patriarche. Les textes possèdent une dimension mythique, considérés comme un « tissu mythogène de survivance ». Pour mettre à jour le « secret » il faut opérer l'effacement de Soi. « Docta Ignoratioa » l'opération de non savoir. Création d'un espace vide en soi qui offre la force d'un renouvellement. Dans le livre de la Création, les lettres sont appelées « pierres » et les mots « maisons ». Le livre est une ville, sa doctrine annonce celle du Zohar. Elle repose sur la théorie des Séphirots, les symboles de la numération décimale et les divisions des lettres de l'alphabet, son influence a été considérable. Chaque homme est une lettre ou une partie de lettre. Il a ainsi l'obligation d'écrire sa lettre, de s'écrire, c'est-à-dire, de se créer en renouvelant le sens, son sens.

Le maassé merkava est une méditation et une pratique mystique fondées sur la vision du « Char céleste »

Les kabbalistes se réunissaient en petits groupes pour méditer sur ce texte et faire une expérience de rencontre avec le divin : expérience d'extase et de montée vers les cieux.

Ils cherchent à comprendre comment l'homme peut être en relation avec la lumière infinie de Dieu et accéder aux mondes supérieurs. Pour être accepté dans le groupe d'initiés, il fallait passer des examens à la fois sur les connaissances théoriques et sur les qualités morales. (8 critères d'admission)
Les mystiques se réunissaient après de longs jeûnes qui pouvaient durer entre quarante et quatre-vingt-dix jours. Dans un état d'extrême fatigue physique et psychologique, le kabbaliste se mettait en position presque fœtale, assis par terre avec les genoux repliés et la tête posée entre les genoux. La posture corporelle typique des ascètes est aussi celle d'Elie dans sa prière sur le mont Carmel. C'est une attitude de profond oubli de soi-même qui est favorable pour provoquer l'état pré-hypnotique. Après ces grands préparatifs, dans un état d'extase, le kabbaliste commence son « voyage ». Les textes ne donnent pas les détails de l'ascension du mystique à travers les sept cieux, mais décrivent son voyage à travers le sept palais situés dans le ciel le plus haut.

Un grand nombre d'adeptes de ces cercles d'initiés étaient des talmudistes.

Les dangers de l'ascension dans les palais sont grands, surtout pour ceux qui entreprennent le voyage sans préparation nécessaire. Au fur et à mesure que le voyage progresse, les dangers deviennent plus grands. Les anges et les archontes fondent sur le voyageur afin de le chasser ; un feu qui provient de son propre corps menace de le dévorer.

Dans le livre hébreu d'Enoch, il y a un récit de la description donnée par le patriarche de sa métamorphose en l'ange Métatron, quand sa chair est transformée en « torches ardentes ». Chaque mystique doit subir cette transformation, mais à cette différence qu'étant moins digne qu'Enoch, il est en danger d'être dévoré par les « torches ardentes ». Ce passage par l'étape de la transfiguration mystique est une nécessité inéluctable.

S'il est facile de monter, il n'est pas toujours facile de redescendre ; le test était donc d'une aptitude à revenir sur terre après l'extase. Ils descendaient intérieurement toujours plus loin dans les recoins de leur propre esprit. Le jeûne, les exercices spéciaux de respiration et les chants rythmés étaient typiquement utilisés comme aide pour amener l'initié à un état de conscience modifié.

Le schéma fondamental de la kabbale

Il a une structure verticale qui illustre la tension qui existe entre la « lumière d'en haut » ou « lumière de l'infini » et la réception de la lumière dans les mondes d'en bas. Il existe différents chemin et moyens que l'on peut emprunter pour réaliser la descente et le passage de la lumière. L'étude de la kabbale, c'est l'étude de ces différents chemins. Ainsi il existe trois mondes :

La kabbale est l'histoire de cette relation entre les mondes de l'en haut et les mondes de l'en bas. D'un côté l'homme et de l'autre Dieu. C'est au sein de ce monde du milieu, de leur séparation, que se noue leur relation.

La kabbale et l'amour

La kabbale n'est pas seulement une science, mais un art du cœur et du savoir aimer. La kabbale exige une habileté du cœur difficile à acquérir. C'est-à-dire qu'un savant doit tendre à être aussi un « juste ». La pratique kabbaliste est l'ouverture du cœur. Dans le Cantique des Cantiques, le roi Salomon écrit : « Je suis endormi, mais mon cœur est éveillé ». Pour de nombreux kabbalistes, le cœur est considéré comme un organe de visualisation grâce auquel l'imagination lie nos esprits à la sphère d'influence divine. La prière est appelée « office du cœur » Talmud

L'homme n'est pas seul car, selon la kabbale, de l'autre côté de l'univers, Dieu prie, lui aussi pour l'homme. Dans le midrach, Rèch Laquich enseigne que « Dieu a besoin des hommes ». Il souligne la relation de tension et de désir, qui existe de l'homme à Dieu et de Dieu vers l'homme.

Amour en hébreu se dit ahava, sa valeur numérique est 13 (P85 G.Scholem) L'union terrestre de l'homme et de la femme n'est qu'une représentation symbolique des noces céleste

Le tétragramme YHVH et le mot Havaya, ont tous deux la valeur numérique 26.

Pour la kabbale, le monde est entièrement masculin et féminin. L'homme est masculin et féminin. De même, la femme est à la fois masculin et féminin. Il y a masculin quand il y a épanchement de l'influx : offrande de la lumière. Il y a féminin quand il y a « résidence » de la lumière : on parle alors de chekhina.

L'âge d'or de la kabbale espagnole

Les principaux écrits apparaissent à partir de 1200 en Castille et en Catalogne, dans les villes de Girone, Ségovie, Tolède et Burgos. Le Zohar est l'œuvre majeure de cette période.

Abraham Aboulafia (1240-1291) né à Saragosse, développe une kabbale des lettres dont la contemplation doit conduire à l'expérience extatique et à l'union avec la divinité. Son système doctrinal est basé sur une interprétation ésotérique du Guide des égarés deMaïmonide. Il se considère comme un prophète et un messie. Le prophète n'est pas celui qui prédit l'avenir mais le navi : celui qui est parlé. Dieu met sa parole dans la bouche du prophète. Aboulafia se rendit auprès du pape Nicolas III, en 1280 pour tenter de le convertir mais la mort inopinée du souverain lui permit d'échapper à une exécution capitale.

Abraham Aboulafia veut libérer l'âme des nœuds qui l'entravent et l'empêchent d'entrer en contact avec sa source sublime. Une part importante de son œuvre est consacrée à la description des pratiques physiques, des exercices préparatoires qui favorisent l'expérience extatique au moyen d'une excitation extrême des centres nerveux. Des exercices respiratoires (185) et visuels y sont souvent associés à la répétition de formules. Proche des pratiques mystiques que l'on rencontre dans le yoga et le soufisme. Aboulafia et ses disciples ne cherchent pas le salut par l'approfondissement du sens caché de la Tora et l'observance des préceptes religieux, mais ils inaugurent un nouveau mode d'être religieux, plus individualiste et libertaire, très en avance sur son temps, ce qui lui valu des problèmes avec les autorités religieuses qui l'obligent à quitter la péninsule ibérique.

Aboulafia met l'accent sur deux phases dans la pratique linguistique d'utilisation des lettres hébraïques ou du Tétragramme. Une phase déconstructive et une phase reconstructive. Les mots doivent être décomposés dans leur état matériel premier. Alors seulement le mystique peut commencer à établir de nouveaux liens et introduire dans la pratique les lettres du nom de Dieu. Le mystique doit d'abord défaire les nœuds qui le lient au temps et à l'espace avant de pouvoir s'attacher à Dieu. Sur le plan psychologique, ces nœuds sont les structures de la personnalité : les « défaire » signifie entrer dans un état de conscience indifférencié. Cette « ouverture » de la conscience est une phase de transition nécessaire pour toute forme de transformation, de même qu'une graine doit briser son enveloppe avant de commencer à grandir. La phase reconstructive établit de nouvelles connexions linguistiques, équivalant à une nouvelle structure du moi par l'introduction des lettres du Nom de Dieu. En résumé, c'est l'échelle du moi que les pratiques kabbalistiques modifient.

Manuscrit du Hayé olam haba : Les lettres forment des cercles que le kabbaliste fait tourner mentalement pour atteindre l'extase.

Tsérouf : technique pour débloquer les nœuds d'énergie qui empêche le passage de la lumière. Carré magique de mots où apparaissent les mots et leur combinatoire.

Zohar « livre de la Splendeur » Espagne 1280-1300

Pour le Zohar la Tora est un organisme vivant. La Tora est le nom de Dieu et est vivante avec une âme. « La Tora a une tête,un cœur, une bouche, et d'autres membres, de la même façon qu'Israël ».

« Car on appelle Tora l'arbre de vie… Comme l'arbre se compose de rameaux et de feuilles, d'écorce, de moelle et de racine, dont chaque élément peut être appelé partie constituante de l'arbre, sans que ces éléments soient séparés substantiellement les uns des autres, tu verras aussi que la Tora contient beaucoup d'éléments intérieurs et extérieurs, et tous forment une seule Tora et un seul arbre, sans qu'il y ait là distinction… »

Chaque lettre et chaque mot, dans chaque partie de la Tora, a une base profonde dans la sagesse et contient le mystère de la vie que nous pouvons pénétrer jusqu'au fond. Un jour les hommes jetteront leur corps matériel, seront transfiguré et recevront un corps mystique, alors ils comprendront le mystère de la Tora. Car la Tora prote un vêtement matériel comme l'homme et quand l'homme sortira de son vêtement matériel et s'élèvera, il revêtira un vêtement plus subtil et plus spirituel.

Rabbi Isaac Louria (1534-1572) surnom Ari ou Ari Zal, le lion sacré.

Tsimtsoum-Chevira-Tikkoun

Tsimtsoum : retrait-rétraction-contraction

Comment peut-il y avoir un monde si Dieu est partout ?

Si Dieu est en tout comment peut-il y avoir des choses qui ne soient pas Dieu ?

Dieu se retira de lui-même en lui-même et par cet acte abandonna au vide une place en son sein, créa un espace pour le monde à venir. Dieu n'a pu se manifester que parce qu'il s'était au préalable retiré. Le lieu de la disparition se dit Olam. C'est l'espace de l'absence et du retrait. Ce mot voudra dire le monde. Dieu, l'Infini, a laissé de la place, du vide à partir duquel la création a été rendue possible. Louria pose la question : quelles forces sont à l'œuvre, qui interdisent à l'infini de réinvestir l'espace, de l'annuler et qui permettent au monde de tenir et de subsister ? Il imagine une force qui viendrait du vide et qui répéterait à l'infini : « cela suffit ! ne revient pas ! » « chaddai », assez, cela suffit.

Aussi le nom de Dieu qui désigne la force qui interdit à l'infini de réinvestir le vide qu'il avait laissé. Dieu s'autolimitant. La limitation : din rend possible la création et équilibre le héssèd : amour.

Seconde phase du Tsimtsoum où l'infini réintègre l'espace vide sous la forme d'un rayon de lumière-énergie qui s'appelle qav. La lumière pénètre l'espace vide sous forme d'énergie et devient matière sous la forme de dix réceptacles : sephirots qui vous accueillir et contenir la lumière

Chevira ou la brisure des vases.

Après le Tsimtsoum, la lumière divine jaillit dans l'espace vide sous forme d'un rayon en ligne droite. Cette lumière se nomme Adam Qadmon : « l'homme primordial »

Au départ, les lumières émanées étaient équilibrées, puis les lumières qui jaillirent des yeux de l'homme primordial émanèrent selon un principe de séparation, atomisées. Ces lumières étaient contenues dans des vases solides. Quand ces lumières en émanèrent, leur impact se révéla trop fort pour leurs récipients qui éclatèrent. Des fragments d'étincelles divines tombèrent dans l'espace vide.
Exil : Avec la brisure des vases tout est imparfait, cassé, désarticulé. Les choses sont « ailleurs » écartées de leur place, en exil. Les étincelles de sainteté sont tombées dans le monde et sont entourées par des écorces qui empêchent de les atteindre : qlipa, écorce, coquille. Le travail de l'homme sera de les briser. La présence divine : la chekhina se trouve ontologiquement en exil. La mission des hommes sera d'élever les étincelles sainte dispersées, libérer la lumière et les âmes saintes de la qlipa que sont la tyrannie et l'oppression terrestre.

Le Tiquoun ou la réparation :

Processus par lequel l'ordre est rétabli. Restauration, réintégration. Il faut ramener les choses à leur place et à leur nature propre. C'est la responsabilité de l'homme. Dieu à commencé la réparation mais n'a pas terminé. L'homme doit continuer. L'homme est un être à « être » dont l'éthique n'est pas la perfection mais la perfectibilité. Adam a échoué au premier essai de Tiquoun. Au lieu d'unir ce qui devait être uni et de séparer ce qui devait être séparé, il sépara ce qui était uni : le fruit de l'arbre.

Dans le système de Louria, le tiquoun implique deux opérations : d'une part, le rassemblement des étincelles divines tombées en même temps que les fragments de vases brisés dans le domaine des écorces, d'autre par, le rassemblement des âmes saintes emprisonnées dans des écorces et soumises à d'anti-Adam. (négatif de l'homme primordial)

Atteindre la racine de son âme afin de pouvoir la parfaire et la rétablir dans son état originel. L'exil n'est pas seulement un hasard, mais une mission qui a pour but la réparation et le « tri ». En effet, la réparation s'accomplit sous la forme d'un « tri » du bien et du mal, visant la séparation absolue des domaines du saint et de l'impur qui se sont mélangés lors de la brisure originelle.

Le Tiquoun prit un caractère politique et se transforma en « rédemption » des âmes et des corps, de l'individu et de la collectivité. Il faut réparer le monde intérieur et extérieur par nos actions. On n'attend plus le messie, on doit le créer.




Bibliographie :



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