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Le CV de Sophie Buyse

Le souffle thérapeutique


Texte présenté à une conférence d'hommage au docteur Françoise Majois, cancérologue et ex-présidente de l'asbl « Cancer et Psychologie », lors du congrès consacré aux cancers bronchiques, le 20 septembre 2014.


Françoise Majois et Sophie Buyse

Le docteur Françoise Majois et Sophie Buyse
le 20 septembre 2014


Il y a ce premier souffle qui nous ouvre les portes de la vie et ce dernier souffle qui nous ouvre les portes de la mort. En naissant, l'air entre en nous et en mourant, il nous quitte pour toujours. Nous commençons par l'inspiration et terminons en expirant. Entre ce début et cette fin, notre respiration n'alterne t'elle pas la vie et la mort, à chaque instant, nous familiarisant tout au long de la vie à cette entrée et cette sortie ultime?

Je vais vous emmener dans ce voyage du dedans au dehors de vous, au rythme de votre respiration puisque l'intitulé de cette matinée vous propose de souffler un peu… Un titre qui m'a sans doute inspiré mais mes paroles ne peuvent jaillir que dans l'expiration. Ainsi l'air vicié que je rejette produira des sons et à ce déchet expulsé se mélangera mon verbe, mon chant, mes déclarations d'amour.

En tant que psychologue, nous écoutons nos patients, non seulement leur parole, mais aussi leur voix, leur intonation et donc également leur souffle. Ce souffle qui trahit bien souvent leurs émotions avant même parfois qu'ils prennent la parole. Les mots sont parfois masqués par une gorge serrée ou une cage thoracique qui semblent se refermer sur le cœur et écraser les poumons. Parfois, j'envie les stéthoscopes des médecins qui me permettraient d'aller écouter encore plus loin ce qui se cache derrière les mots étouffés de mes patients. Ecouter si ça siffle, si ça pleure, si ça gronde au-dedans … mais je dois me contenter de ce qui s'exprime au dehors pour deviner le dedans.

Les mots viennent à la rescousse et témoignent bien souvent de leurs souffrances: « J'étouffe » « Il me pompe l'air » « l'angoisse me prend à la gorge comme un étau » « je n'ai pas le temps de souffler » « les enfants ne me laissent pas respirer » « j'en ai eu le souffle coupé ».

Mais Respirer, c'est aussi sentir et gouter car ces deux sens sont associés dans la respiration qui unit la bouche et le nez. Les amoureux se nourrissent du baiser mais aussi du souffle de l'aimé, ce souffle qui se précipitera au fil du désir, comme si la bouche d'en bas répondait à la bouche d'en haut dans cet appel d'air, d'odeurs, de saveurs… L'amour a besoin de grande bouffée d'air et le plaisir pour les taoïstes qui ont associé les pratiques sexuelles à leurs techniques de méditation dépend en grande partie de la maîtrise de la respiration.

Puisque je suis sexologue, je vais me permettre un petit détour du côté de la pratique de la respiration dans le tao de l'amour. Vous savez sans doute déjà que pour les taoïstes l'homme ne devait pas gaspiller son énergie, il fallait donc éviter l'éjaculation qui fatigue le corps et donc, dans la mesure du possible, développer des techniques de rétention du sperme. Ces techniques étaient d'une efficacité sans pareille: non seulement l'homme ne dispersait pas son énergie et la femme se trouvait satisfaite, mais une subtile alchimie s'opérait entre eux. Le mâle prenait alors le Yin de la femme et celle-ci profitait de la pure essence de son Yang.

Au début du rapport amoureux, il faut savoir jouer doucement ensemble pour harmoniser les énergies et pour que les « esprits se mettent d'accord ». Quand ils sont émus parfaitement, alors peuvent s'unir: le Tigre de Jade, l'Oiseau Rouge, le Pilier du Dragon Céleste, le phallus en un mot, entre dans la Fleur de Pivoine éclose, la Porte Vermillon, le Lotus d'Or, le Récipient Secret de la femme.

Des mouvements lents alternent avec des poussées brusques sur le rythme croissant 3-5-7-9. Trente postures sont conseillées, ce sont celles-là même qu'on retrouve dans toutes les traditions, avec quelques variantes.

Le phallus peut pénétrer et se mouvoir de neuf façons différentes, poétiquement décrites. Je n'en citerais malheureusement que deux pour illustrer mon propos et pour vous laisser la curiosité d'aller découvrir les autres dans l'art du Tao.

Si l'homme veut jouir, il doit attendre la jouissance de sa partenaire, puis, sortir son phallus d'environ les deux tiers, fermer les yeux, se concentrer au-dessous de la langue, ouvrir les narines, fermer la bouche, inspirer en allongeant la tête et serrant les épaules: cette technique limiterait la quantité de sperme éjaculé.

Quant à la méthode de rétention totale, voici la recette la plus pratiquée: quand l'essence va sortir, on saisit rapidement le pénis avec les deux doigts médiaux de la main gauche en arrière du scrotum et en avant de l'anus, on serre fortement et on expire avec puissance en même temps que l'on serre et frotte les dents plusieurs fois si nécessaire. Alors, l'essence ne peut sortir et monte par la colonne vertébrale dans le cerveau.

La respiration abdominale, avec expiration profonde dans le ventre, joue un rôle majeur: elle permet de garder le contrôle et calme.

À force de volonté, d'attention et avec une bonne respiration, il est écrit que tout homme peut y arriver.

Après les prouesses amoureuses, je voudrais enchainer sur les prouesses littéraires des écrivains au souffle coupé. Le pneumologue français François Bernard Michel a consacré un livre passionnant aux écrivains affectés par des maladies pulmonaires: asthme, tuberculose, allergie, cancer des voies respiratoires. Parmi les auteurs étudiés figurent: Proust, Mallarmé, Valéry, Jules Laforgues, Gide, Queneau, Camus, Roland Barthes.

De ces plumes qui brassaient l'air, ces auteurs qui en manquaient douloureusement ont déployés les ailes de leurs mots.

Est-ce que le symptôme respiratoire a un sens? A-t-il quelque chose à nous dire?

L'étymologie du mot symptôme est ambigüe puisque « sun piptein » signifie « tomber avec ».

Les maladies respiratoires ne se manifestent que par un petit nombre de symptômes: éternuements, toux, dyspnée, râles, souffles.

Pour Georges Groddeck, pneumologue et médecin chef du sanatorium de Baden Baden, en 1916. Le symptôme est à ses yeux une parole, qui n'a pas pu, ou su, s'exprimer d'une autre manière, et qu'il faut décrypter. Son postulat de base est que « tout ce qui arrive à l'homme a un sens ». La maladie n'est pas un accident nuisible, elle est un « langage » qui demande à être compris.
Voilà pourquoi, il organisera dans son sanatorium des conférences hebdomadaires destinées à proposer à ses malades « l'expérience de la parole ». Pendant trois ans, les malades et Groddeck s'exprimeront librement sur tous les sujets de leur choix.

Il dira « la maladie a un sens, un but, elle est une mesure de protection et a pour sens d'assurer l'être humain contre quelque chose qui est plus terrible encore que sa pneumonie, son cancer, son doute maniaque ou sa névrose d'angoisse »

Franz Kafka argumente cette conception lorsqu'il note en 1917 dans son journal, au moment où sa tuberculose pulmonaire est décelée: « la blessure de tes poumons n'est qu'un symbole, symbole dont la blessure s'appelle Félice » Il écrit simultanément à Max Brod: « la maladie parle pour moi parce que je lui ai demandé de le faire » et à Félice « Au fin fond de moi-même, je ne crois pas qu'il s'agisse de tuberculose, du moins pas essentiellement de tuberculose, mais plutôt du signe de ma débandade générale »

Pour François Bernard Michel, la maladie n'est pas ou organique ou psychique, elle serait 100% physique et 100% psychique.

Il s'inscrit comme Groddeck dans la pensée d'Hippocrate qui envisageait la personne malade dans sa globalité: « Il n'y a qu'un but, tout le corps y participe, c'est une sympathie universelle ».

Mais s'il faut entendre le malade sur le sens qu'il donne à sa maladie, les psychanalystes depuis Freud jusqu'à Pontalis ou M'uzan notre contemporain, constatent une pauvreté de fantasme et d'imaginaire chez les patients aux symptômes psychosomatiques. Ils ont une difficulté à les exprimer et leur discours est souvent pauvre, stéréotypé, répétitif, dépourvu de dimension affective.

Etonnement, l'imaginaire du patient dit « psychosomatique » s'exprime par contre plus facilement dans l'écriture que dans la parole. Peut-être parce que la personne peut y rester « extérieure » à son écrit, ou bien se corriger, se reprendre, revenir en arrière et contrôler les mots.

Bien des asthmatiques incapables de dire, parviennent à écrire et arrivent aux séances avec leurs textes, leurs poèmes.

Proust a rédigé la Recherche du temps perdu au point culminant de ses années d'asthme et de réclusion phobique dans une chambre capitonnée de liège.

Il meurt à 51 ans des conséquences dramatiques de son asthme, dans un état de défaillance respiratoire aigüe fébrile, associant une pneumonie à l'obstruction des bronches.

L'asthme de Proust dirige sa vie et sa création. La première crise survient lors d'une promenade au bois de Boulogne avec son père médecin, à neuf ans. Une effroyable crise de suffocation qui faillit l'emporter devant son père terrifié. Son asthme a une forte composante allergique, poussière des maisons, pollens…C'est après la mort de sa mère que son asthme s'aggrave par des dyspnées permanentes mais c'est aussi le début de sa grande fécondité littéraire.

Il s'autoprescrit des mélanges insensés de toute sorte de drogues qui finiront par le détruire. Il abuse du café, parfois jusqu'à dix-sept tasses et de sédatifs et de barbituriques pour pouvoir dormir. Il vit enfermé dans l'obscurité au milieu de fumigations qui finissent par altérer ses yeux.

Proust est d'abord un hypersensible, il perçoit le monde extérieur, et le sent avec une exceptionnelle intensité. Il est également hypersensible aux allergènes.

Il écrit « Mon livre n'est à aucun degré une œuvre de raisonnement; ses moindres éléments m'ont été fournis par ma sensibilité, je les ai d'abord aperçus au fond de moi-même, sans les comprendre, ayant autant de peine à les convertir en quelque chose d'intelligible que s'ils avaient été aussi étrangers au monde de l'intelligence que – comment dire?- un motif musical »

Proust présente donc une sensibilité exacerbée au milieu extérieur, que ce dernier l'agresse sous forme allergénique ou sensorielle. Des sensations l'immobilisent avant de le mettre sur la piste des chemins du passé. Son œuvre est riche des évocations sensorielles, qu'elles soient auditives, (bruit des roues sur les pavés de la cour), gustatives, (la madeleine) olfactives et respiratoire (odeur des lilas, du géranium, des aubépines)…

Il est le père de la « mémoire affective » des choses et peut-être cette mémoire n'est elle pas si étrangère à la mémoire immunologique, responsable des réactions allergiques.

La mémoire immunologique, responsable de l'asthme, lui répète à l'improviste la preuve de l'agressivité du monde extérieur, et réveille sans cesse une blessure, celle de la rupture entre ce monde et lui.

La mémoire affective au contraire, c'est l'univers possédé, miraculeusement recréé sous une forme inoffensive et lumineuse. Le monde extérieur n'est plus à craindre puisqu'il n'y a plus d'extérieur. Il n'y a qu'un « dedans ». La blancheur ou le rose des aubépine « transsubstantialisés » devenus images musicales (quatuor et septuor de Vinteuil) picturale, ou littéraire sont les couleurs de fleurs intériorisées, immunologiquement dépouillées de tout allergène.

La phrase proustienne retient son souffle parce qu'elle vise à inclure le plus d'éléments possible? Julien Gracq écrira à propos de la phrase proustienne: « La masse centrale du livre, impérieusement, rabat et plaque contre elle-même, par une force de gravité toute puissante, out ce qui tend à se projeter hors d'elle, y compris la production imaginative du lecteur qui, privé d'air et privée de mouvement par la jungle étouffante et compacte d'une prose surnourrie, n'arrive jamais à s'élancer hors d'elle, à jouer à partir d'elle librement… »

Proust dira: « le monde est en moi, je peux l'exprimer, l'aspirer, l'expirer, le respirer ».

Il comparera sa chambre à l'arche de Noé: « Quand j'étais enfant, le sort d'aucun personnage de l'histoire sainte ne me semblait aussi misérable que celui de Noé, à cause du déluge qui le tint enfermé dans l'Arche. Plus tard, je dus rester dans l'Arche. Je compris alors que jamais Noé ne put si bien voir le monde que de l'Arche, malgré qu'elle fut close et qu'il fît nuit sur la terre. »


Pourquoi un symptôme respiratoire?

Quel est, le dénominateur commun entre les écrivains atteint d'affections respiratoires depuis Queneau jusqu'à Camus, en passant par Valéry, Mallarmé, Proust, Mérimée, Laforgue?

Les thèmes récurrents de leurs œuvres sont: la dureté de la condition humaine, la souffrance, l'angoisse, le désespoir et surtout la mort.

Autre maladie respiratoire au aura fait couler beaucoup d'encre: la tuberculose.

On l'appelait la fièvre des romantiques. AU XIXème siècle la forme de tuberculose qui ravage est la phtisie et l'étymologie ce mot est: être consumé, brûlé par le feu.

Avec les romantiques, la tuberculose devient une forme de mal d'amour. Les frères Goncourt qualifient en 1869 la tuberculose de « maladie des parties nobles et élevées de l'être humain » par opposition aux « maladies des organes grossiers et vils du corps, qui obstruent et souillent l'esprit du patient ».

Shelley écrivait à son ami Keats atteint de tuberculose: « Cette consomption, est une affection qui aime particulièrement les gens dont la poésie est d'aussi bonne qualité que la vôtre ».

Beaucoup d'artiste on souffert ou sont morts de tuberculose. Parmi les peintres: Watteau, Gauguin, Modigliani, parmi les écrivains: Schiller, Spinoza, Calvin, les sœurs Brontë, Tchekhov, Stevenson, Kafka.

Laennec qui a découvert l'auscultation du thorax la qualifiait de « maladie des passions longues et tristes ».
Susan Sontag, dans son ouvrage « La maladie comme métaphore » évoque la tuberculose souvent rattaché à une personnalité mélancolique, c'est la maladie de l'artiste, du créatif, de l'être d'exception.

« La montagne magique » de Thomas Mann (1924) et une œuvre sur la tuberculose aussi mythique que la dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils. Mais dans la montagne magique la tuberculose devient le prétexte, la toile de fond d'une question de fond qui domine l'œuvre sur ce que l'homme peut opposer à la mort? Thomas Mann fait dire à son personnage Hans, que la liberté d'esprit est supérieure à la mort. Il veut que les qualités de cœur, la bonté, l'emportent sur les atteintes de la maladie.

Si nous avons tous notre « tache humide », notre fièvre infectieuse, il ne reste plus qu'à s'entraider et à s'entr'aimer. Le livre s'achève sur cette interrogation angoissante: « De cette orgie de mort universelle, de cette fièvre maligne qui embrase l'horizon pluvieux du soir, verrons-nous jamais surgir l'amour entre les hommes? »




Les bases de la respiration

  1. Respirer consciemment

    Généralement, vous ne vous sentez pas respirer. Essayez de percevoir consciemment votre respiration. Chaque inspiration ou expiration est différente. Il est plus facile de respirer par le nez. L'essentiel est de respirer consciemment et par le nez.

    Respirer plus amplement

    Dilatez le thorax. Sentez ce qui se produit lorsque vous inspirez dans le thorax et que vous le dilatez. Vous le gonflez jusqu'à hauteur des clavicules. Ne négligez pas le ventre. Il est important de relâcher le ventre pendant que vous dilatez le thorax.

  2. Ponctuer l'inspiration

    L'inspiration donne le rythme. L'idéal est d'entendre un bruit plus fort à l'inspiration qu'à l'inspiration. Imaginez que vous allez chercher l'air frais comme une friandise et puis laissez le souffle s'échapper passivement à l'expiration. Aidez vous intérieurement en utilisant les sonorités acoustiques: inspiiiire – expire. Iiinspire – expire.

  3. Trouver le juste milieu

    Surtout, ne vous fatiguez jamais. N'essayez pas de dilater la cage thoracique au maximum. Trouvez le juste milieu. Ainsi, vous gardez des réserves et ne vous sentez pas ballonné. L'efficacité réside dans le supplément d'air que vous inspirez par rapport à d'habitude. Concentrez-vous seulement sur l'inspiration d'une plus grande quantité d'air.

  4. Varier

    Vous pouvez, tout en conservant une respiration dilatée, accélérer ou ralentir le rythme, intercaler une respiration profonde qui vous vide de tout, ouvrir ou fermer les yeux, pratiquer chez vous ou à l'extérieur.

  5. Persévérer

    Une fois que vous avez décidé de vous entraîner, n'abandonnez pas. Sans se forcer mais en essayant d'avoir une régularité. Comme un rendez-vous avec soi même, une pratique quotidienne dont les bienfaits se feront sentir toute la journée. Cinq minutes le matin. Huit minutes le soir.

Le souffle relie toutes choses; A la fois activité et passivité, il relie l'intérieur et l'extérieur. Inspirer c'est recevoir, expirer c'est donner.

Prendre conscience de sa propre respiration, comment est-ce que je respire?

Aucun thérapeute ne peut contredire le fait que la majorité de nos contemporains ne savent pas respirer: combien de respirations superficielles limitées en haut des poumons, de cages thoraciques et diaphragmes bloquées passent par les cabinets médicaux.


Assise et posture

- Dos droit


- Maintien de la nuque et donc de la tête


- Epaule détendues (elles ont tendance à partir vers le haut)


- Respiration équilibrée, ample, profonde, sans forcer, en prenant son temps. On ne fait pas de gymnastique.


- Mettre les deux mains posées l'une sur l'autre paume sur la peau, au niveau du plexus solaire, situé dans le creux à la base du sternum, au-dessus de l'estomac. Suivre avec elles le mouvement de l'inspir et de l'expir. Si ce point, centre radiant des tensions, est douloureux, le masser par pressions répétées de la paume, sur l'expir. Relâcher la pression lors de l'expir.

Un truc, avant de poser ainsi les mains, les frapper fortement l'une contre l'autre, quatre à cinq fois puis se frotter vigoureusement les paumes; cela stimulera le magnétisme et donne une chaleur salutaire.

Après cinq minutes, poser à nouveau les mains sur les cuisses, et suivre le mouvement naturel de la respiration tel qu'il se fait et tel qu'on a envie de le faire durant les cinq autres minutes.



La magie du son

Il s'agit de moduler à haute voix les cinq voyelles dans l'ordre suivant: IAEOUI et ce trois fois chacune, jusqu'à la fin de l'expiration.

Le docteur Tomatis a montré la puissance du son sur le psychosomatique. Pratiquée quotidiennement, cette technique apporte calme, joie et soutien la santé.

Il faut commencer par le son I qui est joyeux, le moduler avec un sourire aux lèvres jusqu'à la fin de l'expiration. Trois fois, il envahit le crâne.

Puis le son A, serein et grave. Trois fois. Il agit sur la gorge, le haut des poumons, le cerveau.
E, trois fois aussi, éveille les sens et tonifie les glandes thyroïdiennes.

O, beau et profond, fait vibrer la cage thoracique et le diaphragme, et se propage dans l'abdomen jusqu'aux glandes génitales, effectuant un bienfaisant massage interne.

U, fait vibrer les cordes vocales et la nuque

Reprendre le son I, sourire aux lèvres, pour terminer par une note gaie. Ne pas oublier qu'il faut toujours expirer et moduler le plus lentement et le plus profondément possible.

On peut terminer cette série par l'extraordinaire son sacré de l'hindouisme, le mantra OM. La force de ce son, bien modulé est incroyable: le A part de la gorge, le O descend profondément dans le bas-ventre, pour se terminer par le M, qui vibre dans le crâne.


Etre attentif

Le dernier roman d'Aldous Huxley, « L'Ile », son testament, écrit après que sa maison et sa merveilleuse bibliothèque eurent brûlé, se passe dans une île où le héros vit une initiation complète à la réalité ultime. Dans les arbres, des sortes de perroquets, répètent sans cesse: « attention, attention. » C'est la clé même de cette fiction: être attentif, chaque instant.

Novalis: « Nous rêvons de voyages à travers l'univers. Mais l'univers n'est-il pas en nous? Nous ne connaissons pas les profondeurs de notre esprit. Le chemin mystérieux va vers l'intérieur… »


Yoga et tradition indienne

Datant du IIIème millénaire avant notre ère, yoga vient de la racine sanscrite Yug, signifiant atteler à l'aide du youg, joindre, unir.

Pranayama: le contrôle du souffle.

Le pranayama, exercice fondamental du yoga, se révèle être plus qu'une discipline du souffle: un contrôle de l'énergie vitale (prana) au moyen de celui-ci. Le prana se trouve partout sous forme d'oxygène et d'électricité: sans lui, nous ne pourrions vivre avec nos corps tels qu'ils sont conçus: prana, c'est aussi « ce qui se meut », ce qui « vibre », et se réfère donc à l'énergie en général, qui anime le corps et tous les êtres animés.

Au moyen du souffle, on peut réussir par la volonté à maîtriser ce prana de façon à ne pas le disperser et à le diriger pour le bien être de notre organisme.

Aujourd'hui, il suffit d'observer un peu autour de soi et en soi, pour s'apercevoir combien la plupart des êtres respirent mal: une respiration superficielle, touchant le haut des poumons, irrégulières, saccadée. De plus, on peut remarquer qu'un esprit agité, dispersé, flou, amorphe, angoissé ou survolté se traduira par une respiration en correspondance avec ces états.

Le yogin apprend a inspirer et expirer sans forcer, doucement, plusieurs fois dans la journée en faisant une légère rétention du souffle à la fin de l'inspiration et de l'expiration. Ce moment de rétention et d'immobilité permet de prendre conscience de l'intérieur du corps et apaise complètement le mental. On recommande de pratiquer ces respirations conscientes aussi dès qu'une angoisse, une tension apparaît, pour évacuer le stress en donnant à l'organisme une possibilité de réaction à une situation désagréable.

Au fur et à mesure de cette pratique, on peut atteindre une sensation d'harmonie, une plénitude qui apaise les douleurs psychiques et physiques.

L'expulsion du souffle peut s'accompagner de mantras car le son aide a mieux intégrer l'inspiration et l'expiration, de plus le pouvoir vibratoire bienfaisant du son s'allie à l'amplitude de la respiration.

L'efficacité de la répétition de mantras a été testée en laboratoire par électroencéphalogrammes: très vite, un état de relaxation attentive s'installe, et les ondes alpha apparaissent sur le tracé de l'EEG.

L'indouisme propose une centaine de mantras différents à ses fidèles, nous n'en retiendrons qu'un « OM » la syllabe sacrée, dont les effets vibratoires sont profonds et dont la répétition amène un grand calme en soi.

La méditation comporte trois aspects: discipliner son corps dans la posture en lui faisant garder l'immobilité; discipliner son souffle, discipliner son mental.

Le mental est comparé à un singe parce qu'il saute d'un objet à un autre, comparé à l'air inconstant parce qu'il est instable. Le mental est connu sous le nom de « grand oiseau » parce qu'il saute d'un objet à un autre exactement comme un oiseau sautille d'une branche à l'autre ou d'un arbre à l'autre.


Respiration taoïste

D'après les taoïstes, l'univers lui-même émergea du chaos quand neuf souffles distincts se différencièrent, formèrent neuf forces créatrices, neuf « divinités » qui en engendrèrent d'autres, le clair et l'obscur se séparèrent alors et la pulsation du ying –yang commença à rythmer la réalité nouvelle.

L'inspiration est Yin, l'expiration est Yang, elles doivent êtres toutes deux lentes, subtiles (non bruyantes) et profondes. L'ai doit être envoyé jusque dans l'abdomen sous le nombril, dans la « mer du souffle ».


La technique de l'absorption du souffle

Il faut d'abord faire la gymnastique pour que les os et les articulations s'ouvrent et communiquent, que les nerfs Yin soient mous et le corps relâchés. Après cela, s'asseoir, le corps en position correcte, et rejeter et aspirer trois fois, pour qu'il n'y ait pas de nœuds dans l'obstruction; calmer la pensée et oublier le corps.

Puis cracher tout doucement par la bouche le souffle impur « duqi » et aspirer par le nez le souffle pur « qigqi ». tout cela six ou sept fois. C'est ce qu'on appelle harmoniser les souffles. « tiaoqi »

L'harmonisation des souffles achevée, la bouche et le nez étant tous deux fermés et complètement vides, que le souffle remplisse alors la bouche; puis « battre le tambour » quinze fois (grincer les dents en serrant les mâchoires).

Avaler le souffle comme si on avalait une grosse gorgée d'eau, et le faire entrer dans le ventre jusqu'au sentiment d'avoir pu rassasier le ventre. Fermer la bouche et masser le ventre avec la main pour que le souffle s'écoule et passe.

Après, se coucher, la tête sur un oreiller, bras le long du corps et respirez par le nez. Faire circuler le souffle dans tout le corps. Si on est malade, que le cœur se concentre sur le souffle et l'applique à l'endroit malade.


Respiration bouddhiste

Vipassana et Anapana

Technique d'Anapana

S'asseoir de manière à avoir la colonne vertébrale droite, fermer les yeux.

Observer chaque inspiration et chaque expiration, chaque souffle qui entre et qui sort, ne pas le compter, ne pas les empêcher d'être tels qu'ils sont. Laisser respirer comme cela respire. Avoir une très grande vigilance sur la respiration dans l'observation de ce va et vient en soi, une respiration longue: elle est longue, une respiration courte: elle est courte. Simple constatation intérieure qui atteste de son état. Etre comme gardien de ce qui entre et de ce qui sort de soi, sous quelle forme, sans vouloir ne rien changer à son rythme.

Etre pleinement conscient quoi qu'il arrive au-dedans et au dehors de soi mais toujours revenir à la sensation du souffle.


Technique Vipassana

Cette technique permet d'être toujours conscient de ce qui se passe en moi, elle aide aussi à sortir d'un problème et éviter de l'aggraver. Notamment en coupant les nœuds anciens et en empêchant aux nouveaux de se créer.

J'observe les choses intérieures de l'extérieur de moi.

Si le feu brûle en moi, j'arrête de l'attiser et le ranimer avec mes pensées. Alors il s'éteint.

Vivre l'instant présent, être heureux avec ce qui est, maintenant, agréable ou désagréable. « Lorsque rien ne va plus, je dois sourire ». Soyez heureux dans toutes les situations. Tout est une expérience, Vipassana est un art de vivre et un travail pour toute une vie. Par exemple, si je développe la pureté en moi, cela détruit les impuretés. « En parfaite joie, nous vivons sains parmi les malades. En parfaite joie nous vivons, sans ennemis dans le monde de l'inimitié; et parmi des hommes pleins d'inimitié nous demeurons sans inimitié. »


Techniques tibétaines

Le bouddhisme a été introduit au IVème siècle au Tibet.

Sogyal Rinpoche, lama éxilé a adapté son message pour l'Occident.

« Tous nos problèmes viennent de notre désir de saisir: la méditation est le moyen de désapprendre nos tendances à vouloir saisir. Lâcher prise, vouloir saisir sont deux attitudes du mental qui, lorsqu'il s'oublie est si brillamment, si savamment artificiel et trompeur. La méditation est la voie de la simplicité, de l'ouverture, de la justesse, qui rencontre le mental. Elle se sert du mental pour mater le mental.

Les règles de la tradition tibétaine, Tilopa:


Deux types de pratiques

1° Concentration avec respiration libre

On recommande la concentration sur un unique objet, une petite pierre, la flamme d'une bougie, un mandala, la pointe d'un bâton d'encens pour fixer la pensée et l'empêcher de vagabonder.


2° Concentration avec respiration rythmée

La maîtrise du souffle se développe parallèlement avec la maîtrise de la pensée car il existe un lien profond entre ces deux fonctions. Chacun peut s'en apercevoir; il suffit de changer le rythme respiratoire pour changer de région mentale.

Après avoir réglé sa posture, on se concentre sur l'inspiration et l'expiration du souffle en les rythmant, soir en deux temps: inspir et expir, soit en quatre temps, Inspir, rétention, expir, vide.

Se laisser totalement absorber par le comptage rythmique et suivre l'air dans son voyage à l'intérieur du corps.

En pratiquant ces techniques, le disciple prend conscience et maîtrise à la fois le corps et l'esprit.


Méthodes pour chasser les pensées

1° Couper la racine de la pensée. On coupe toute pensée dès qu'elle surgit.

2° Ne pas réagir aux pensées. Rester indifférent et neutre face au déroulement de la pensée. Ne pas alimenter les pensées. Il laisse couler. Il ne fait pas d'efforts pour les arrêter, il n'y porte aucune attention.

3° Atteindre l'état naturel de l'esprit.

Le méditant ne doit ni tendre, ni relâcher son esprit. Il évite tout extrême et garde son esprit détaché des idées, en parfaite contemplation.



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l'équipe de Cancer et Psychologie

L'équipe de « Cancer et Psychologie », le 20 septembre 2014